Février sans supermarché. Facile. Ou pas…

“Un mois sans supermarché, c’est trop facile”. Ce fut ma première pensée en voyant passer les invitations à ce défi. Mon brave mental me tapait sur l’épaule en me rassurant.  De toutes façons tu n’y vas jamais. Tu ne manges pas de  produits transformés. Je vous épargne les détails… La seconde pensée fut plus noble: Allez, on va participer, ça rajoutera une goutte au mouvement. Une petite action Colibri pour faire plaisir à tonton Rabi. Nouvelles tapes sur l’épaule. Trop facile je te dis. On n’y va jamais, au supermarché.

Donc: Je ne vais jamais au supermarché… SAUF (et là, ça se gâte)… sauf donc… pour acheter du tofu et autres yaourts de soja. Sauf pour acheter mes légumes au moins bio… sauf pour acheter de la levure… des coeurs d’artichauts, des farines bref… sauf pour plein de trucs.

Mais quoi c’est, un supermarché, au juste ?

Pour moi, un supermarché n’est rien d’autre qu’une épicerie qui a réussi. C’est un endroit garni de “ce que veulent les consommateurs”. Rapporté à l’éducation, ce sont donc des endroits où l’on donne des sucreries aux enfants parce qu’ils l’ont demandé.

Un supermarché, c’est un endroit où plus c’est grand plus j’ai le choix. Enfin, paraît-il. Dix mètres linéaires de carottes, c’est la même chose qu’une cagette, non ? Idem pour les herbes aromatiques: On y trouve du persil et de la ciboulette à perte de vue. Mais en plus ça vient de n’importe où. Et là je ne parle que des rayons honorables…

Mais si je suis un peu moins en réaction, un supermarché, c’est surtout la moins mauvaise réponse que nous ayons trouvé, dans notre société pressée, pour qu’épuisés en fin de journée nous trouvions à nous sustenter à prix abordable et rapidos.

Donc, un supermarché, pour moi, c’est une médecine d’urgence que l’on prend malgré nous lorsque nos quotidiens sont trop engorgés pour prendre le temps de faire autrement. C’est la pharmacie de garde de nos estomacs.

Ceux que je fréquente, ceux que j’évite

Migros et Coop. Depuis mon enfance, je situe les lieux comme à côté de la Migros machin ou en face de la Coop bidule. Mais à part exception, je n’y mets pas les pieds. C’est plus fort que moi, j’aime bien savoir ce que je mange. Donc même si le “bio” n’est pas le top, c’est au moins un pas dans la bonne direction. Et dans notre brave Helvétie, on emballe les produits bio de… feuilles de plastique – de pétrole donc. Et si on ne se méfie pas, on se retrouve avec un légume de saison, tout beau tout bio, en provenance de l’autre bout du monde. Donc non.

Petite note à l’attention de Migros et Coop: Puisque vous remplacez les caissières par des machines, pourquoi ne pas en prendre quelques unes pour surveiller vos étals et donner des conseils sur les légumes, les peser et les empacter ?

La pauvreté de l’offre bio en Suisse romande me désole (ne parlons pas de blagues genre chaines de bio en ville qui vendent un sandwich douze francs hein). Donc il faut aller en France voisine pour trouver de quoi magasiner. Et là, c’est la fête. Entre Onalavie, Satori et Biofrais, Genève est entourée de magasins plus ou moins grands proposant une nourriture moins mauvaise que les supermarchés suisses. Perso je vais à 90% chez Onalavie à St-Julien et à Biofrais uniquement pour leur caviste  (à part ça il y a un truc là bas qui me dérange, sans que je puisse mettre le doigt sur le pourquoi).

Ce qui sera un défi pour moi pendant ce mois

 

Les légumes

Pendant plusieurs années j’ai utilisé le panier de Cocagne en partageant la version familiale avec une amie (Ca permet de jouer à moi j’aime ça toi tu aimes ça avec chaque arrivage). Un vrai bonheur. Mais avec ma vie actuelle (je vis plusieurs mois par an à l’étranger), impossible de continuer à jouer chaque week-end à “mais comment ça se cuisine ce truc”.

Jusqu’au 31 janvier, j’achetais donc mes légumes chez Onalavie ou en désespoir de cause chez Biofrais quand j’étais trop paresseux pour faire les courses avant le dimanche. Les marchés, j’évitais: La majorité des produits vendus ne me conviennent pas. Peu ou pas de “bio”. Et pour citer Pierre Rabi, avec l’agriculture écologique, on devient chacun un petit thérapeute de la terre, et je ne veux pas aller contre ce postulat, je souhaite au contraire le faire grandir dans chacun de mes choix. Et en cela trouver des sources plus poétiques de légumes me semble essentiel (allez vous balader à Cocagne, vous comprendrez ce que je veux dire). 

J’ai appris, sur le groupe Facebook dédié au défi que Cocagne vendait au marché de Plainpalais (sauf erreur ils ne sont pas à 100% bio mais au moins je peux aller leur demander légume par légume comment ils ont poussé. Et ils font tout avec amour, ça aide.)

Et surtout, pour éviter de transformer l’expérience en micro catastrophe écologique, je vais essayer de ne pas sillonner toute la région en voiture pour faire mes courses (la proximité est tout de même une des raisons d’être sympathique des supermarchés). Donc première mesure: Une amie va me ramener des légumes de la Ferme des 4 saisons. Elle sait à quel point je peux être chiant pointilleux et s’assurera bien qu’ils sont aussi natures que l’exigent mes trop nombreuses lectures.

Côté conservation, pas de soucis, il fait froid et je peux les garder en partie dans une boîte en sagex dans le jardin. Je peux donc en prendre pas mal d’un coup et éviter d’y aller toutes les semaines (j’écrirai un prochain article sur ce qui fonctionne pour moi pour garder et cuisiner mes plats si ça intéresse quelqu’un).

Pour les fruits, j’ai trouvé de chouettes pommes au Marché de Carouge. Et si quelqu’un a un téléporteur à me prêter j’irais bien en Inde me chercher des bananes et des avocats.

Les graines et farines

Là c’est moins facile. Tout a commencé par ma problématique du tofu et des crèmes de céréales. J’en consomme tous les jours, de diverses races (avoine, chanvre, riz, soja…) pour me faire mes laits de céréales, mes smoothies, mes plats en sauce, mes tartinades…

J’ai un début de réponse grâce à l’Epicerie du Marché à Carouge (j’habite à deux coups de pédales de son arcade et travaille à deux pas) qui n’en vendait pas mais m’en commandera un kilo pour la semaine prochaine. Du coup je pourrai me faire mon lait de soja, et de là mon tofu. Si cela vous intéresse dites-moi, il sera certainement ravi d’en commander plus. Il m’a appris qu’il existait aussi des producteurs de riz au Tessin, donc cela réglera peut-être l’affaire basmati du même coup.

Le PQ et les produits de nettoyage

Pour le papier toilettes, c’est facile: Cela fait des années que j’ai installé une douchette sur mes toilettes. A force de vivre en Inde où l’on ne conçoit pas de s’essuyer les fesses mais on préfère les laver, j’ai adopté leur façon de faire. C’est en plus mille fois plus écologique. D’ailleurs, puisque je commence avec des amis à vendre des fontaines à eau dynamisée (allez hop un peu de pub au passage), je vais peut-être ajouter des kits de ce genre. Ce serait un article intéressant d’ailleurs… la consommation d’eau, le gaspillage de PQ, l’eau potable si précieuse dans laquelle nous faisons nos besoins…

Pour les produits de nettoyage, rien d’original: Du vinaigre, de l’alcool, des produits Ecovert… du coup je vais me poser la question plus localement et rechercher les gens qui fabriquent leur propres produits et voir s’ils m’en vendraient ou échangeraient quelques bouteilles. Des idées ?

Les algues et autres babioles

Là c’est un poil plus délicat. A moins d’une grosse montée des eaux, il y a peu de chances que je trouve de la Dulse ou du Nigari dans la région. Pour ce qui est de l’épicerie fine (tomates séchées, câpres etc) ce ne sont pas les adresses qui manquent, mais j’aimerais bien trouver un réseau plus alternatif (échange, fait maison etc). Des idées ?

Internet, sors de ce corps!

Evidemment que je pourrais commander tout ça par Internet. Perso je n’ai rien contre. Un drône peut bien me déposer mes graines ou mes légumes devant la porte. Mais tant qu’à faire si je pouvais connaître les gens qui les ont fait sortir de terre, j’aimerais autant. Il existe des tonnes de magasins en ligne, mais ce n’est pas le but du jeu. Donc ce mois, je m’en passerai (pour les algues, ça va être un vrai problème… Des idées ?)

Le budget

L’avantage des fruits et des graines, c’est que les possibilités culinaires sont infinies et le budget somme toute limité. Je vais essayer de garder un oeil là-dessus.

Et vous, quelles sont vos interrogations ?

J’ai posé plusieurs de mes interrogations dans cet article. Quelles sont les vôtres ? Ce défi me donne enfin l’envie d’écrire quelques textes qui ne soient pas de la poésie ou des romans (enfin un, qui se ballade en ce moment dans les comités de lecture des maisons d’éditions) et les idées d’articles fleurissent. Cela fait des années que j’essaie de mettre du sens dans mon quotidien, que ce soit par des choix professionnels, la gestion de mon temps, et évidemment la nourriture. J’ai passé un temps fou à me demander quoi manger et comment le préparer, à chercher les meilleures gadgets qui me facilitent la vie (déformation professionnelle, j’écris aussi des logiciels pour faciliter la vie des entreprises). Donc si par hasard une idée de thématique vous vient, n’hésitez pas.

Notes sur les liens de cet article 

J’ai ajouté deux liens vers des produits Amazon pour le Nigari et la Dulse. Ce n’est pas le but de ce mois, mais cela peut servir de savoir où en commander facilement. Et cela me rapporte quelques sous. 

La suite, par ici

La suite de l’expérience ? Sur ma page Facebook ou… inscrivez-vous à ma newsletter :-) 

Poster un Commentaire

3 Comments on "Février sans supermarché. Facile. Ou pas…"

  Subscribe  
newest oldest most voted
Notify of

Bonjour, Comment peut-on considérer les magasins Biocop? Est-ce des super marché ou une alternative utile? Un grand merci pour votre réponse.

Vous avez aimé ? Partagez.