Six heures du matin. Il fait encore nuit. Parfaitement éveillé, je m’
installe au balcon pour entendre l’océan, à défaut de le voir.
Le rideau n’est pas encore levé. Je suis en avance.
Il finira bien par apparaître. Je l’entends distinctement se maquiller dans
sa loge.
Le matin est un spectacle particulier.
Si séduisant que la vie est sortie des océans pour le voir.
Depuis, tout le monde y est invité. Pourtant, rares sont ceux qui y
assistent.
Une première lueur finit par poindre au fond de la scène. Le filament
chauffe.
Alentour, pas un bruit. Un goéland crie.
Soudain, lumière. L’horizon s’éclaire.
Le soleil émerge, lentement, de ce côté du monde.
Les silhouettes sortent de l’ombre. Des fenêtres s’éclairent dans le
lointain.

Commence la valse.

A l’ombre des cadrans solaires passe le temps.

A l’ombre du temps se passe la vie des hommes.

Les oiseaux, eux, regardent le soleil passer. D’un horizon à l’autre.

Et les voyageurs, ne sachant plus l’heure qu’il est,

Regardent les oiseaux danser.

Une douceur poétique pour la route ?