Le temps semble vouloir changer. Il tourne la tête. Lentement. Les nuages s’estompent. L’horizon s’éloigne. Un instant d’espoir après une journée de pluie.
Puis, d’un coup, caprice. Tonnerre. L’horizon, ébahi, court vers moi, dans un grand bruit.
Les fenêtres tremblent.
Il me supplie de le laisser entrer. Je recule d’un pas, surpris par la violence d’un second choc.
Ferme les yeux. Troisième coup de tonnerre. J’ouvre les yeux.
L’horizon a reculé. Juste assez pour me laisser voir un échantillon d’océan.
Les éclairs dansent sur les vagues. Un couple. Deux. Multitude.
La salle de bal de l’apocalypse.
Les vitrent n’arrêtent pas de trembler.
Je vais au bar. Me sers un Cognac. Retourne à la fenêtre. Me délecte. Voyeur.
Puis plus rien.
Juste l’océan. La chanson ancestrale des vagues s’échouant sur la plage. Un verre vide. Et une question :

Si je l’avais laissé entrer, l’horizon aurait-il accepté un Cognac ?

Une douceur poétique pour la route ?