Temps chagrin

Une vieille dame pleurait, assise sur le rebord de la fontaine
Et les passants passaient, passaient
Certains la regardaient, complaisants
Les autres l’oubliaient avant même de la voir

Et les minutes passaient, passaient
Impuissantes à tarir le flot triste
Et les oiseaux chantaient, chantaient
Et la vieille dame pleurait, pleurait
Et les touristes visitaient, visitaient

Les mères distrayaient leurs enfants
Les amants ne la voyaient pas
Les travailleurs avaient du travail
Les badauds badinaient

Et les minutes passaient. Passaient encore
Semblables

Et la vieille dame pleurait. Immobile chagrin
Visible douleur
Puis le temps se tut

Au pied de la fontaine
Un enfant regardait la vieille dame
Un ballon au poignet. Il ne dit rien
Restait là, des questions plein les yeux
Il ne savait pas ce que l’on dit
quand pleurent les grands-mères
Alors il détacha la ficelle du ballon de son poignet
et le noua au bras frêle de la dame

Et la dame arrêta de pleurer
Leva les yeux sur l’enfant
Une esquisse de renaissance au coin des lèvres

Ce nouveau printemps méritait peut-être d’être vécu, après tout.

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