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L’été passe. L’automne vient. Plus vite que de coutume pensent les gens. Une grande vague de froid. Une déferlante. Dans les salons de thé, des vieillards nostalgiques lisent des catalogues de voyages aux couvertures glacées saturées de palmiers et de beautés déshabillées de fleurs. Dans la Rue Principale, un cortège ininterrompu de longues limousines blanches se dirige vers le sud. Aux portes de la ville, pas un seul oiseau pour les saluer. Ils sont déjà partis. Les traditions ne survivent pas au mercure.

L’automne est pressé cette année. On le voit courir partout, un pinceau à la main, grognant et peignant à tous vents la nature et les gens, laissant derrière lui des brouillons morts tomber des arbres. Pressé. Les poètes en oublient de porter leurs écharpes rouges. Pressé. Les jours s’accélèrent. Les nuits raccourcissent. Les astrologues paniquent. Trois semaines consécutives ne durent que six jours.

Puis soudain arrive l’hiver, hilare dans son manteau de fourrure à la pensée de sa venue anticipée. D’un coup de gel il boute l’artiste hors de scène, s’installe.
Il a à présent tout son temps pour vernir le tableau inachevé abandonné par son prédécesseur.
Le tableau est triste. Les gens ont froid.
Eve et Natan également.
Eux plus que les autres.
Séparés.

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Une douceur poétique pour la route ?

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