Elles

Elles tournent, tournent sans hâte, imperturbables.
Douze femmes aux formes égales, aux visages
identiques et aux yeux humides.
Toutes plus semblables les unes que les autres.
Ronde inlassable.
Au milieu d’un parc, un dôme, longs arcs de fer forgé
souffrant une verrière. Un dôme sans lumière, sans
ombre, pour la marche de ces corps à la nudité
uniforme, pour ces femmes de peine. Sur le parquet
de noyer, point d’usure, aucun bruit, les pas ont la
légèreté de la feinte indifférence. Une seule pièce,
demeure en soi.
Au centre du cercle, une chaise, vestige fragile et
campagnard dont le seul poids de l’air faisait craquer
la verreuse carcasse. Une chaise vide, encore vide.
Elles ne la voient pas, trop occupées à suivre leur
précédente, lasses de toujours être secondes,
toujours. Et lorsque quelqu’un entre, que la ronde
s’arrête, l’une d’elles sort du cercle et quitte le dôme.
A son retour, assise sur la chaise, elle attend qu’à
nouveau quelqu’un vienne, pour reprendre sa place
dans la ronde, la ronde de l’attende, le jeu des passions.

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Une douceur poétique pour la route ?

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