deux

 

Depuis chez lui, Natan peut voir les corbeaux lustrer leur plumage sur le toit de l’Eglise. Et la nuit, en noir sur noir, la danse folle des chauves-souris jouant à chat autour du clocher.
Il aimerait bien la visiter, l’Eglise. Demander au prêtre sa bénédiction pour monter tout en haut, au-dessus des cloches, là où dorment les noctules, la tête en bas comme pour écouter la terre rêver. Mais il n’ose pas. Alors il reste chez lui et regarde par la lucarne les lumières des candélabres éclairant la Rue Principale.

Son appartement se compose d’une seule pièce. Immense. Au milieu, un piano. Autour du piano, des partitions. Sur les partitions, sa musique.
Natan joue. Depuis toujours. Et les oiseaux l’écoutent.

Ce soir, il est triste. Alors le piano pleure. Des larmes noires, d’autres blanches.
Des notes de musique. Belles comme une mélancolie. Élégantes comme l’absence.
Toute la nuit, la lucarne ouverte, il joue.
L’aube le surprend les bras en croix sur le clavier, endormi, les dernières vibrations de l’instrument berçant son sommeil.

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