Partie V

Dans le parc
Deux enfant

Les enfant ont trente ans
A eux deux ?
Ils se le demandent

Ils se regardent
Comme on fabrique des souvenirs

Autour d’eux
D’autres enfants
Et des plus jeunes
Et des plus envieux

Tous perdus dans un même silence de fin du jour

Personne ne bouge
De peur d’effrayer le voleur sans-logis
Tapi dans les premières ombres

Invisible à l’œil
Et pourtant si présent

Le temps
Celui qui se vole à lui-même

Mais que vole-t-il,
Le temps
A la nuit tombée
Au silence des parcs ?

Vole-t-il des rêves ?
Des graines d’innocence ?
Des soupirs d’amoureuse ?
Des jeux de séduction ?
Du bonheur ?
De la joie ?

Rien de tout cela.

Les amants n’ont d’innocent
Que le regard étonné
Qu’ils jettent à leurs parents

Les vêtements froissés
Et les sens humides

Tous les envieux savent cela

Et l’amoureuse se repaît
De joie et de bonheur
Comme le tigre de gazelle

Tous les plus jeunes savent cela

Et la joie
La joie…

Se décline
En feux

En grand feux…

Non.
Le temps n’est pas voleur
Il donne
Et reprend

Il joue

Le temps est un joueur qui n’a pas besoin de tricher

Il prête aux amants les lieux,
Communs ou insolites

Les terrains de jeux et les soupirs

Pour les reprendre au matin
Et n’en laisser qu’une image
Un flou
Une absence
Un souvenir

Ne laissant d’autre choix aux dupes
Que de se bâtir des cellules de mémoire

Laissant liberté aux autres
De recommencer
De jouer
Jour après jour
Au grand jeu

De jeter une nouvelle brindille
Dans le jeu
Le grand feu…

Où se consument les passades
Se trompent les amours
Et s’oublie l’innocence

Le grand feu de joie

Et les enfants le savent
Qui se regardent
Comme on fabrique des souvenirs

Et les autres le savent aussi, peut-être
Les plus jeunes
Les plus envieux

Ils le savent et ne bougent pas
De peur d’arrêter la machine à futur
De peur de se laisser piéger
Par la machine à revivre le passé

Alors les enfants se lèvent
Ils se lèvent et courent
Ils courent après le temps
En criant

Et les plus jeunes
Et les plus envieux

Les regardent sans comprendre
En haussant les sourcils
Se regardant les uns les autres
Pour dire leur accord
Sur ce désaccord

Mais les enfants sont déjà loin
Ils ont couru si vite
Que le temps ne les a pas vus

Occupé qu’il était,
Le temps
A prêter une oreille attentive

A ses courtisans immobiles

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